Histoire

Il y a 9 ans, sous la chaleur torride de juillet 2017, je me tenais à l'intérieur du Jardin Majorelle à Marrakech et fermais les yeux sous le soleil.

À l'époque, ce n'était qu'un instant fugace durant un voyage — la chaleur sur ma peau, les ombres se déplaçant sur les murs bleus, le parfum des plantes suspendu dans l'air sec de l'été. Je ne savais pas que cette petite photographie resterait discrètement avec moi pendant des années.

Près d'une décennie plus tard, en construisant ce monde à travers la mémoire, les textiles et les fragments d'émotion, je me suis retrouvée à revenir inopinément à cette image. Lorsque je l'ai intégrée à mon travail, j'ai été submergée par l'émotion et les larmes.

Non pas parce que je regrettais le passé, ni parce que le voyage me manquait, mais parce que j'ai soudainement réalisé qu'un moment pleinement vécu avait traversé le temps et trouvé sa place ici. Le même soleil qui a touché mon visage à Marrakech vit maintenant doucement au sein de mon œuvre.

C'est peut-être ce que j'ai toujours cherché — une façon de préserver la chaleur de la vie elle-même à travers mon travail, de tisser ces traces de vie délicatement dans la soie, et de leur permettre de continuer à respirer à travers le temps, avec nous.